Sécurité économique au Maroc en 2024
Najib Amrani
Le 12ème rapport relatif à la stabilité financière met en évidence la robustesse du système financier marocain au cours de l'année 2024, marquée par une croissance du secteur financier de +9,8%, soit 216 % du PIB. La prédominance du secteur bancaire (représentant 61 % des actifs) reste constante, soutenue par des indicateurs solides concernant le rendement, la liquidité ainsi que la solvabilité. Cette fermeté est confirmée par les tests de charge, ce qui apporte un sentiment de sécurité face aux conditions économiques encore difficiles.
Toutefois, cette image généralement optimiste cache certaines faiblesses cachées. Malgré une augmentation des contributions (+8,9 %), les systèmes de pension continuent d'être techniques en déficit (spécialement la Caisse Nationale de Mutualité Rurale et le Regime Complementaire d'Assurance Retraite), soulevant ainsi des questions sur leur viabilité à long terme. En revanche, la CNSS présente un surplus, bien que modeste par rapport au panorama général des pensions.
Le domaine de l'assurance connaît une petite augmentation de son chiffre d'affaires (+5,4 %) ainsi qu'un léger accroissement de son bénéfice net (+2,9 %), toutefois il subit un déclin dans les résultats techniques, particulièrement dans le domaine de la vie et du non-vie, compensé cependant par une bonne performance sur le plan financier hors technique. Le taux d'accès à l'assurance diminue légèrement (3,7 %), ce qui indique une stabilité dans la maturité du marché.
Du point de vue du crédit bancaire, la progression reste faible (+3,1 % pour les entreprises) ; tout en maintenant une diversification sectorielle dans le portefeuille, l'accumulation des risques auprès d'un petit nombre de grandes sociétés continue à susciter des inquiétudes (51 % concentré chez les 10 principaux emprunteurs). L’augmentation des financements participatifs (+16 %) semble prometteuse, mais reste limitée.
En revanche, le programme Damane Assakane voit un regain d'emprunts, toutefois les dettes impayées, particulièrement concernant les ménages à faible revenu (FOGARIM), augmentent, mettant en évidence une plus grande fragilité sociale.
Par conséquent, même si les bases sont généralement robustes, le rapport met en garde contre une plus grande attention aux déséquilibres structurels tels que le déficit des pensions de retraite, la centralisation bancaire, ainsi qu'à la vulnérabilité des ménages face au crédit.
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